Tentative
d'explication adressée aux dirigeants iraniens à
propos de ce à quoi ils font face
An attempt to explain to
Iranian leaders what they are facing
De la part de
Michel Dakar, le 12 avril 2026 à Villequier en
France
https://the-key-and-the-bridge.net/an-attempt-to-explain-to-Iranian-leaders-what-they-are-facing.html
Au milieu des années 1980, en Italie, dans son
île de Sicile, deux mafieux, des repentis, commencèrent à
expliquer à un juge et à un sociologue ce qu’était
l’organisation secrète de Sicile que les étrangers à cette
organisation appelaient « mafia », ils révélèrent
son vrai nom « Cosa Nostra », « notre
chose ».
Cosa Nostra était née vers le milieu
du 19ème siècle en Sicile, et il fallut donc plus d’un siècle
pour qu’on en connaisse simplement le nom. Cela donne une idée
de la capacité de dissimulation et donc d’intelligence et
d’organisation que cette société possédait
et possède encore.
Outre la dissimulation de son nom,
Cosa Nostra avait réussi à dissimuler son existence en tant
qu’organisation structurée, un État dans l’État,
centralisé, doté d’une idéologie, d’un rituel, d’un
corpus de droits et de devoirs,
d’une mémoire, de capacités d’analyse, d’évolution,
d’adaptation, d’une structure interne de commandement
centralisée, d’organes
d’équilibrage, de jugement et de coercition, mais en fait plus
qu’un simple État, une société, une mentalité, un
univers.
Jusqu’au milieu des années 1980,
l’entité « Cosa Nostra » avait même réussi
a faire confondre le terme « mafia », par lequel le
public qualifiait les évènements criminels de cette
organisation en Sicile, avec l’état d’esprit typiquement
sicilien dénommé « mafia », une posture d’orgueil
et de sûreté de soi attribuée aux siciliens, décrite comme un
sentiment exagéré de la conscience de sa personne poussant
jusqu’à faire justice soi-même, avec les agissements de Cosa
Nostra, effaçant l’existence de Cosa Nostra pour y substituer
la conséquence de l’état d’esprit mafieux inhérent aux
siciliens, au point qu’une réflexion apparue que pour
éradiquer la mafia en Sicile, il faudrait éradiquer tout le
peuple sicilien.
Il fallut une véritable et difficile
révolution mentale pour parvenir à la connaissance qu’il
existait une entité sociologique encore inconnue et originale
dénommée Cosa Nostra, une sorte de perfection dans la conquête
de pouvoir et de richesse.
Concernant ce à quoi font
face les dirigeants iraniens actuellement est l’émergence
d’une révolution mentale au niveau mondial, d’un même ordre
que lors de la prise de conscience de la réalité de Cosa Nostra
vers 1980, mais concernant une organisation qui date de bien plus
d’un siècle, qui est 20 fois plus ancienne, qui est mille fois
plus puissante, qui s’est installée au centre du pouvoir en
Occident, et de plus à un moment où dans l’histoire de cette
organisation son projet de parvenir au centre du pouvoir mondial,
passant de la domination limitée à l’Occident à la
domination de la planète entière, est mis en échec, du fait de
ces dirigeants iraniens et de leurs soutiens.
Vous
savez bien de quoi je veux parler, et comme pour Cosa Nostra
avant la prise de conscience la concernant, on ne connaît pas
encore le vrai nom de cette organisation. Pour ce texte je
l’appellerai «ההתרחבות
שלנו»
(Notre Expansion).
En vue d’une classification
sociologique, on peut mettre dans la même catégorie Cosa Nostra
et Notre Expansion, celle des organisations secrètes de conquête
du pouvoir par une élite restreinte en nombre, dans le cas de
Cosa Nostra, il s’agit des « hommes d’honneur »,
au nombre d’environ 5000 en Sicile sur environ 5 millions
d’habitants (0,1%), pour Notre Expansion, il s’agit des
« élus », soit environ 15 millions d’individus sur
environ 1 milliard d’individus occidentaux (1,5 %), et sur
environ 8 milliards d’humains (0,2%). On constate qu’on
retrouve au final le même ratio concernant la Sicile et la
planète terre, environ 0,2 % de dominateurs par rapport aux
dominés.
Une différence notable est que dans le cas
des hommes d’honneur, chacun a conscience de son statut et rôle
alors que dans le cas des élus, ces statut et rôle semblent
être inconscients chez la majorité, et même plus, car
paradoxalement,
ils se voient comme des victimes des dominés. Cela pourrait
venir du fait qu’au sein des « élus », les vrais
dominants ne sont qu’une fraction de la totalité des élus, et
que la masse des élus ne sert qu’à asseoir le pouvoir de
cette fraction, cette masse étant sacrifiable et maintenue sur
le pied de guerre en la menaçant des menées agressives des
non-élus, soit de la masse des 8 milliards d’humains sur
terre.
Si on se reporte au ratio de 0,15 %
d’hommes d’honneur en Sicile, qui sont tous de vrais
dominants, et qu’on reporte ce ratio sur le 15 millions d’élus,
alors on obtient le nombre de vrais dominants chez les élus,
soit environ 22 000 individus, qui sont appelés à dominer les 8
milliards d’humains sur terre soit 22 000 sur 8 milliards, soit
0,0003 %, soit 3 millionièmes de la population
humaine.
Étrangement, cela correspond au nombre de
dominants apparaissant dans le livre de science-fiction d’Isaac
Asimov de 1957, Face aux feux du soleil (The Naked Sun), qui
décrit une planète de la taille de la terre, habitée par une
vingtaine de milliers de seigneurs servis par des millions
d’humanoïdes, chacun vivant isolé des autres sur son domaine
de dizaines de milliers
d’hectares.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Face_aux_feux_du_soleil
Ce qui caractérise ce livre est la totale
asociabilité des personnages qui ne se rencontrent jamais, le
contact physique étant même devenu tabou, proscrit,
impensable.
Ce livre, de l’élu Asimov, au fond
décrit bien la réalité psychologique de l’individu de
pouvoir, la réalisation de la recherche du pouvoir menant au
total isolement de ses congénères, ce qui suppose que le trait
psychologique central de l’individu en recherche de pouvoir est
son incapacité à vivre en société avec d’autres humains,
c’est à dire que l’individu en recherche de pouvoir est un
invalide mental.
Pour finir, je conseille de prendre
connaissance de la bibliographie jointe à cette communication,
ces livres devant être traduits par de bons linguistes possédant
totalement les langues farsi et anglaise, ou italienne ou
française, car ils font prendre conscience de la structure
psychologique des individus en recherche de pouvoir, comme les
hommes d’honneur et les élus.
On découvre que la
base mentale de l’homme en recherche de pouvoir est l’inversion
de l’empathie, que toute sa capacité de rapport avec autrui
est fondée sur la trahison et la dissimulation de la trahison,
soit la non-rencontre avec autrui.
Liste des livres
traitant de Cosa Nostra :
Cosa Nostra, l’histoire
de la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, de John Dickie,
2004
Les hommes du déshonneur, la stupéfiante
confession du repenti Antonio Calderone, de Pino Arlacchi,
1992
Buscetta, la mafia par l’un des siens, de Pino
Arlacchi, 1994
Un homme d’honneur, Anonyme, les
révélations d’un soldat de la mafia, Préface de Paul
Lefèvre, 1989
L’aboutissement de la recherche du
pouvoir, écrit par un élu, un connaisseur, qui ne voyait
l’avenir humain que dans les robots, soit les esclaves (robot
provenant du russe travailler) :
Face aux feux du
soleil (The Naked Sun), Isaac Asimov, 1957
Addenda :
Les
dirigeants iraniens rappellent ce qui est intitulé dans le livre
de John Dickie, « la minorité vertueuse », les très
rares
personnes qui osent s’affronter à des organisations extrêmes
comme celles de Cosa Nostra et Notre Expansion (voir chapitre 10,
La minorité vertueuse).
Cosa Nostra et Notre
Expansion sont des productions du système général de recherche
de pouvoir, système qui est l’unique qui existe actuellement,
ces organisations sont comme issues
d’un
spasme qui éjecterait
une sorte de concrétion de son essence, à travers l’histoire,
pour l’un cela a été en Sicile au 19ème siècle, pour
l’autre, au Proche-Orient il y a environ 2500 ans.
Tant
que le système de recherche de pouvoir existera il y aura
d’autres éjections de concrétions de cette essence extrême,
on pourrait penser que cette production de ce type
d’organisations est comme un effet d’une régulation du
système global, une recherche d’équilibre par la mise à
l’écart des tensions les plus exacerbées, permettant au
système global de continuer à exister sans imploser, une sorte
de soupape de régulation.
Seule une évolution
progressive vers un système social horizontal, sans domination,
verra la fin de la production de ce type d’organisations.
Des
voies ont été ouvertes par les mouvements libertaires
européens au 19ème siècle (lequel a essaimé avec la révolte
des Taï Ping en Chine au 19ème siècle), et les courants de
pensées taoïste et bouddhiste originels d’il y a 2500 ans en
Chine et Inde.
Il faut relever ce qui n’est sans
doute pas de l’ordre de la coïncidence, en Europe, le
mouvement libertaire est apparu au 19ème siècle, quasiment au
même moment que l’organisation Cosa Nostra, et il y a 2500
ans, sont apparus en Asie les mouvements taoïste et bouddhiste,
de même que l’organisation Notre Expansion en Asie
occidentale.
On a tout à apprendre en mécanique
sociologique évolutive, c’est un secteur des sciences sociales
entièrement méconnu, si
ce n’est même à créer.
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