Rêves
relatifs
à
la situation globale humaine, 6
Dreams
about
the overall human situation, 6
Le train de la
merde
The shit train
Exposé du rêve et
explication
Dream description and explanation
Communication
de Michel Dakar, le 22
février
2026,
à Villequier en
France
https://the-key-and-the-bridge.net/dream-about-the-overall-human-situation-6.html
Sommaire rêves
de
la
réalité
https://the-key-and-the-bridge.net/sommaire-reves-de-la-realite.html
6ème
rêve
de la réalité
Le train de la merde
1
- Exposé du rêve et explication
J’attends sur un
quai de gare l’arrivée d’un train, avec à mon côté une
militante avec laquelle j’ai pendant une dizaine d’années,
œuvré pour la Palestine, la Palestine étant la boussole
indiquant la bonne direction à prendre pour le devenir de
l’espèce humaine.
Cette militante était à la tête
de l’action la plus intègre pour la Palestine, elle œuvrait
aussi pour le gouvernement libyen, et elle était proche du
milieu révisionniste.
Le train arrive, et ses wagons
passent le long du quai devant nous.
L’intérieur
des wagons est recouvert de merde, de la merde brune jaunâtre
sur les vitres, les sièges, le plafond, les parois horizontales
et le plancher. Il règne une lumière jaunâtre dans ces
wagons.
2
- Explication du rêve
Je me suis fait mener en bateau
durant environ 10 ans.
Celle qui organisait tout le
soutien à la Palestine, dans sa version la plus intègre, était
un agent israélien.
Plus globalement, tout le soutien
à la Palestine était et est entre les mains, est dirigé par
des agents israéliens.
Plus globalement encore, toute
l’opposition, la dissidence au régime est entre les mains
d’agents israéliens, comme la totalité des partis politiques,
et des groupuscules politiques.
Toute action de
contestation, mouvement de révolte est dirigé par des agents
israéliens.
La vie politique a entièrement disparue
en Occident, ce n’est plus qu’un simulacre dirigée par les
agents israéliens.
Quant au train de la merde, j’ai
rencontré l’utilisation de l’image qu’est la merde deux
fois dans mon cursus de formation à la réalité politique.
Il
s’est agi dans les deux fois du contexte de la mafia
sicilienne.
Je conseille la lecture du livre de John
Dickie, Cosa Notra, histoire de la mafia sicilienne de 1860 à
nos jours, éditions Buchet Chastel, 2004,
ce livre est pour le moment indépassable, et la mafia sicilienne
est un sujet formateur de choix sur le phénomène global du
pouvoir.
PDF
en anglais du livre Cosa Nostra de John Dickie
:
https://the-key-and-the-bridge.net/Cosa-Nostra-a-history-of-the-Sicilian-Mafia-John-Dickie.pdf
Le
premier cas est celui du jeune Peppino Impastato, un fils de
mafieux
rebel,
qui avait osé s’opposer à la mafia locale, publier un
journal, et diriger une radio dénonçant la mafia, il a été
torturé à mort puis son corps a été déchiqueté par une
charge d’explosif.
L’un de ses articles dénonçant
la mafia avait pour titre :
« La mafia une
montagne de merde ».
Film sur la vie de Peppino
Impastato, I Cento passi (Les cent pas), 2000, de Marco Tullio
Giordana
Langue italienne, sous-titré en
anglais
https://ok.ru/video/2999042771566
Le second cas est celui de Leonardo Vitale, un simple
soldat de la mafia, issu d’une famille mafieuse depuis des
générations, qui ne supportait plus l’ambiance criminelle où
il devait vivre et les actes qu’il devait commettre.
Il
est allé se dénoncer aux carabiniers, puis a été interné
dans un hôpital psychiatrique durant 10 ans car on l’a jugé
déséquilibré. C’est le premier cas de repenti dans
l’histoire de la mafia.
Sur les murs de sa chambre
d’hôpital, il écrivait avec sa propre merde, se recouvrait de
sa propre perde, qu’il ingérait, et expliqua aux psychiatres
que c’était le moyen le plus approprié pour transmettre ce
qu’il ressentait de sa vie et de son
milieu.
https://hal.science/hal-04365177/document
Il a été considéré comme guéri et remis en
liberté, la mafia l’a alors assassiné une année après sa
sortie de l’hôpital.
Dans ce rêve qui me concerne,
ce n’est pas la mafia qui est de la merde, mais la société
occidentale et surtout ceux qui en ont pris la tête.
La
judéocratie est une montagne de merde.
Annexe,
extrait de l’article concernant Leonardo Vitale :
Paris,
L’Harmattan
:
«
La
religion en questions
»,
2014,
pp. 95-108.
ÊTRE UN «
REPENTI
»
DE LA MAFIA, ENTRE DROIT ET RELIGION
(ITALIE,
1973-2013)
Deborah
PUCCIO-DEN
Dès
le
milieu
des
années 1960, l’Italie est secouée par un combat contre la
criminalité
organisée1
qui
prend l’allure d’un véritable conflit
:
d’abord, parce que les guerres intestines au
sein
de l’association mafieuse Cosa nostra tournent progressivement
au «
massacre
»
;
ensuite,
parce
que les moyens de plus en plus imposants déployés par l’État
pour
venir
à bout de cette lutte poussent la mafia sicilienne à élever le
niveau de violence, jusqu’à l’adoption de formes
d’attaque
que
le
gouvernement
et
les
médias
italiens
ne
tarderont
pas
à
qualifier
de
«
terroristes
».
Ces «
guerres
»,
qui firent beaucoup de morts, de part et d’autre2, modifièrent
durablement
les cadres juridiques et les économies morales3
de
la société italienne. Toutes les
institutions
y furent entraînées
:
si les appareils policiers et judiciaires s’attachèrent à
définir les
contours
de ce phénomène, à en fixer les modalités de répression, à
établir les chemins d’une
possible
réparation,
l’Église
fut amenée à revoir sa position vis-à-vis de la mafia et à
s’engager dans une voie critique, tout en suggérant que les
parcours de la réconciliation passaient par une
«
conversion
»
des mafieux. Les débats qui animèrent ces instances, répercutés
par
la presse et les intellectuels de l’époque, se cristallisèrent
autour d’un personnage susceptible de catalyser les espoirs de
la magistrature de vaincre la mafia, ainsi que les souhaits d’une
partie de la société
de
s’amender de ses «
maux
»
politiques
et
moraux
:
celle du «
repenti
».
C’est à la construction controversée de cette figure, entre
droit et religion, qu’est consacré ce texte.
1973
:
le «
repentir
»
comme folie
Le 30 mai 1973, le mafieux Leonardo Vitale
se présente à la brigade mobile palermitaine
pour
«
confesser
ses pêchés
».
Agité,
son
récit
entrecoupé
par des tics, il raconte son initiation à Cosa Nostra, révèle
les noms des membres de plusieurs dizaines de familles mafieuses,
reconstitue
l’organigramme
de la mafia sicilienne, en
précise
la
structure centralisée, nomme
ses
chefs,
met
au jour
leurs
liens avec d’éminents politiciens de l’époque, raconte les
homicides
qu’il
a effectués de ses propres mains et ceux auxquels il a assisté
de ses propres yeux. Il s’agit
d’une
déposition sans précédent. Des faits ponctuels avaient déjà
été relatés à la police par tel
ou
tel indicateur, et il n’était pas rare que le délateur
appartienne lui-même à l’association
mafieuse,
en dépit du caractère secret de cette dernière et de
l’interdiction
faite
à
ses
adhérents
de
révéler ses secrets. Mais, cette fois, les policiers se
trouvent face à une description complète
de
la mafia en tant qu’organisation, de son fonctionnement, de ses
règles et de son idéologie. À
la
surprise générale, ce témoignage, jusque-là précis et
minutieux, s’achève par un jeu déroutant
d’association
d’idées que les carabiniers ne manquent pas de noter dans leur
rapport
:
«
Infirmité
mentale = mal psychique ; mafia = mal social ; mafia politique =
mal social ;
autorités
corrompues = mal social
;
prostitution = mal social ; syphilis, crête-de-coq, etc. = mal
physique qui se répercute dans mon esprit, malade depuis mon
enfance ; crises religieuses = mal psychique qui provient de ces
maux. Voilà les maux dont j’ai été victime, moi, Leonardo
Vitale, ressuscité dans la foi de vrai Dieu4. »
Ces
dernières assertions font conclure aux agents qu’il s’agit,
là, d’un cas de « délire ». C’est ainsi que celui qui
sera par la suite désigné comme le premier « repenti » de la
mafia, jugé fou, est enfermé à l’asile pour aliénés
criminels de Barcellona Pozzo di Goto, en province de Messine.
Ici, en proie à ce que les psychiatres désignent comme une «
obsession mystique », l’« homme d’honneur » brûle les
vêtements achetés avec l’argent du crime, se couvre
d’excréments, consomme ses matières fécales5 : coprophagie
interprétée par les médecins comme symptôme de « fétichisme
» ; pratique d’expiation, explique Leonardo Vitale dans les
lettres qu’il envoie à sa mère, Rosalia, et à sa sœur,
Maria, lettres où l’ancien mafieux décrit son tourment
intérieur dans les termes d’une conversion : « Le
Saint-Esprit est en moi. Voilà ce qui explique mon changement,
parce que, depuis que je suis enfermé, une nouvelle lumière est
entrée en moi, et elle m’a rendu meilleur, me ramenant à
Dieu6. »
À l’asile pour aliénés criminels, Vitale
revisite son passé, réécrit sa biographie7, réalise que la
mafia est « erreur », « imposture » et retourne l’accusation
de folie vers les mafieux : « On m’a ouvert les yeux sur un
monde fait de délits et de tout ce qu’il y a de pire lorsqu’on
vit loin de Dieu et de ses lois divines8 ». « Je me suis laissé
berner par la vie, par le mal qui s’est abattu sur moi dès mon
enfance. C’est alors que la mafia est arrivée, avec ses
fausses lois, ses faux idéaux : combattre les voleurs, aider les
faibles et, pour ce faire, tuer : quels fous9 ! »
À la
fin de ce « chemin de croix », comme Vitale définit
l’isolement pénitencier dans lequel il vit depuis l’âge de
trente-trois ans, scandé de tortures, d’électrochocs à
répétition et menaces de lobotomisation, le reclus écrit à sa
mère : « Maman, je peux dire maintenant que je suis né à
nouveau10 ».
Leonardo Vitale sortira de l’asile de
Barcellona Pozzo di Goto après dix ans d’enfermement. Il sera
assassiné par des tueurs mafieux près d’un an après sa
libération, le 2 décembre 1984, en sortant de l’église où
il se rendait tous les jours. Les enquêtes antimafia menées
dans les années 1980 confirmeront pleinement la description de
la mafia sicilienne produite par celui que les expertises
psychiatriques avaient jugé « atteint de débilité mentale
partielle », « attardé », « schizophrénique ». « À la
différence de la justice étatique, écrira le juge
Giovanni
Falcone, la mafia a perçu l’importance des
révélations de Leonardo Vitale et, au moment le plus opportun,
elle l’a inexorablement puni pour avoir enfreint la loi du
silence. Puisse Vitale, au moins après sa mort, acquérir le
crédit qu’il méritait de son vivant11 ».
1
Plusieurs
organisations mafieuses sévissent en Italie
:
la ‘Ndrangheta en Calabre, la
Camorra
dans la région de Naples, la Sacra Corona Unita dans les
Pouilles et Cosa nostra en Sicile. Mon article est centré sur
cette dernière.
2
Si
l’on s’en tient uniquement à la dernière «
guerre
de mafia
»,
déclenchée au tournant des années 1980 par le clan des
Corleonesi, on compte près d’un millier de morts, auxquels il
faut ajouter les nombreux représentants de l’État
(magistrats, politiciens, policiers, gardes du corps) victimes de
meurtres et d’attentats mafieux.
3
Sur
cette notion, voir l’article de Didier Fassin,
2009,
«
Les
économies morales revisitées
»,
Annales
HSS,
6
,
p.
1237-1266.
J’ai
exploré les potentialités euristiques de ce concept dans
Deborah
Puccio-Den, «
Juger
la mafia. Catégorisations juridiques et
économies
morales
»,
Diogène,
n° 239-240, 2012/13, p. 16-36.
4
Fragment du « Mémorial » écrit par Leonardo Vitale et
consigné à la brigade mobile de Palerme, cité dans Corrado
Stajano, Mafia. L’atto d’accusa dei giudici di Palermo, Rome,
Editori Riuniti, 2010, p. 39.
5 Salvatore Lupo,
Histoire de la mafia des origines à nos jours, Paris,
Flammarion, 1999, p. 312.
6 Je cite ici la lettre
envoyée, le 8 novembre 1973, par Leonardo Vitale à sa mère,
publiée sur Internet à l’adresse
:
http://www.leonardovitale.it/libro.asp?capitolo=1&index=18
. Ce site est destiné à collecter des témoignages susceptibles
de le faire avancer la cause en béatification en faveur de
Leonardo Vitale, entreprise par son cousin, Francesco Paolo
Vitale. Les originaux de ces lettres sont en possession de la
sœur de Leonardo Vitale. Devenue religieuse, cloîtrée dans un
monastère, cette dernière refuse tout contact avec le monde
extérieur et il ne m’a pas été possible de la
rencontrer.
Toutes les traductions de l’italien au
français sont de l’auteur.
7 Rappelons que «
l’écriture de soi », en contexte chrétien, est une des
conséquences et des modalités d’expression de la conversion,
« événement majeur » qui, donnant sens à toute la vie d’un
homme, amène à la réécrire : Jean-Claude Schmitt, La
conversion d’Hermann Le Juif. Autobiographie, histoire et
fiction, Paris, Seuil, 2003, p. 9-88.
8 Extrait du «
Mémorial » de Vitale, cité par C. Stajano, Mafia, op. cit., p.
38. Cette phrase reprend un lieu commun de la conversion : une
fois converti au christianisme, Hermann Le Juif reproche à ses
anciens coreligionnaires leur « cécité », et c’est dans les
termes d’« aveuglement judaïque » qu’il définit la foi
des autres. Cf. Jean-Claude Schmitt, La conversion d’Hermann Le
Juif, op. cit., p. 15 et p. 36.
9 Voir note 6.
10
Voir note précédente. La citation se trouve précisément à la
page
http://www.leonardovitale.it/notiziedett.asp?idnotizia=3.
11
Instruction du « Maxiprocès », le premier procès intenté à
l’association mafieuse Cosa nostra sur la base des aveux des
mafieux « repentis », publiée dans C. Stajano, Mafia, op.
cit., p. 39.
Le
destin tragique de Leonardo Vitale a été réinterprété comme
un « martyre » par les membres de sa famille, qui essayent
actuellement d’amorcer une procédure visant à sa
béatification. Son cousin, Francesco Paolo Vitale, sa sœur,
Maria, religieuse cloîtrée, sont côtoyés dans cette
entreprise par des bonnes sœurs et des frères franciscains. Que
s’est-il passé entre 1973 et 2013 ?
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